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AVC : 6 gestes à faire immédiatement et 3 erreurs à éviter absolument

 

L’accident vasculaire cérébral (AVC) est une urgence médicale où chaque minute compte. Selon la World Stroke Organization, plus de 12 millions de nouveaux AVC surviennent chaque année dans le monde, soit environ un toutes les 3 secondes.

Contrairement à une idée répandue, l’AVC ne concerne pas uniquement les personnes âgées. Il peut également toucher des adultes plus jeunes.

Lors d’un AVC ischémique, lorsqu’une artère cérébrale est obstruée, le cerveau est brutalement privé d’une partie de son apport sanguin. On estime qu’en l’absence de traitement, environ 1,9 million de neurones peuvent être perdus chaque minute.

Reconnaître rapidement les symptômes et appeler les secours peut donc augmenter les chances de survie et limiter les séquelles.

🚨 Comment reconnaître rapidement un AVC avec la règle FAST ?

La règle FAST est un moyen simple de mémoriser les principaux signes d’alerte.

F – Face (Visage)

Demandez à la personne de sourire.

Soyez attentif à :

  • une bouche soudainement déviée ;

  • un côté du visage qui tombe ;

  • une asymétrie inhabituelle du visage.

A – Arm (Bras)

Demandez à la personne de lever les deux bras.

Un bras qui retombe ou une faiblesse brutale d’un bras ou d’une jambe, particulièrement d’un seul côté du corps, peut être un signe d’AVC.

S – Speech (Parole)

Demandez-lui de répéter une phrase simple.

Une parole soudainement :

  • difficile ;

  • incompréhensible ;

  • déformée ;

  • ou une difficulté à comprendre ce qui est dit

doit alerter.

T – Time (Temps)

Si l’un de ces symptômes apparaît soudainement, appelez immédiatement les services d’urgence.

N’attendez pas de voir si la personne va mieux. Même lorsque les symptômes disparaissent rapidement, une évaluation médicale urgente reste nécessaire.

6 gestes à faire immédiatement en cas de suspicion d’AVC

1. 📞 Appeler les secours sans attendre

Le premier réflexe est de contacter immédiatement les services médicaux d’urgence de votre pays.

Évitez autant que possible de faire conduire la personne elle-même.

Une prise en charge médicalisée permet de surveiller son état, d’anticiper certaines complications et de l’orienter vers un établissement capable de traiter rapidement un AVC.

Plus la prise en charge commence tôt, meilleures sont les possibilités de traitement.

2. ⏱️ Noter l’heure du dernier moment où la personne allait normalement

Cette information est extrêmement importante pour les médecins.

Il ne s’agit pas nécessairement de l’heure à laquelle vous avez découvert les symptômes, mais du dernier moment où la personne était connue comme étant dans son état normal.

Par exemple, si une personne se réveille à 7 h avec une paralysie mais allait normalement lorsqu’elle s’est couchée à 23 h, il faut transmettre ces informations aux secours.

Cette chronologie aide l’équipe médicale à déterminer quelles stratégies de reperfusion peuvent être envisagées, notamment chez certains patients éligibles à une thrombolyse intraveineuse ou à une thrombectomie mécanique.

3. 🛏️ Installer la personne en sécurité

Si elle est consciente, installez-la confortablement et évitez de la faire marcher inutilement.

Une position avec la tête légèrement relevée peut être confortable chez certaines personnes, mais suivez en priorité les instructions données par les services d’urgence.

Si la personne est inconsciente mais respire normalement, ou si elle vomit et risque de s’étouffer, les secours peuvent vous demander de la placer en position latérale de sécurité, selon la situation.

Desserrez les vêtements trop serrés et surveillez sa respiration.

4. 📋 Préparer les informations médicales importantes

Pendant que vous attendez les secours, rassemblez si possible :

  • la liste des médicaments pris régulièrement ;

  • les anticoagulants éventuels ;

  • les traitements cardiovasculaires ;

  • les allergies connues ;

  • les principales maladies ou opérations antérieures ;

  • les documents médicaux disponibles ;

  • une pièce d’identité.

Ces informations peuvent faciliter les décisions médicales à l’arrivée à l’hôpital.

5. 👀 Surveiller constamment son état

Restez auprès de la personne et observez notamment :

  • son niveau de conscience ;

  • sa respiration ;

  • l’apparition de convulsions ;

  • une aggravation de la faiblesse ;

  • toute modification de la parole ou du comportement.

Notez également les nouveaux symptômes et leur heure d’apparition afin de pouvoir les signaler aux professionnels de santé.

6. ❤️ Vérifier la respiration en cas de perte de connaissance

Si la personne devient inconsciente, vérifiez qu’elle respire.

Si elle ne respire pas normalement, suivez immédiatement les instructions du service d’urgence et commencez une réanimation cardiopulmonaire (RCP) si vous savez la pratiquer ou si le régulateur vous guide.

Un défibrillateur automatisé externe (DAE) peut également être utilisé lorsqu’il est disponible et indiqué.

❌ 3 choses à ne surtout pas faire en cas d’AVC

Certaines réactions bien intentionnées peuvent aggraver la situation ou, surtout, retarder l’arrivée à l’hôpital.

1. Ne rien donner à manger ou à boire

Un AVC peut perturber les mécanismes de déglutition.

Même si la personne affirme avoir soif, évitez de lui donner :

  • de l’eau ;

  • du café ;

  • de la nourriture ;

  • une soupe ou une bouillie ;

  • des comprimés par voie orale.

Une mauvaise déglutition peut entraîner le passage d’aliments ou de liquide dans les voies respiratoires et provoquer une fausse route.

2. Ne pas administrer de médicaments de sa propre initiative

Ne donnez pas spontanément d’aspirine, d’anticoagulant, de médicament contre l’hypertension ou de prétendu « médicament anti-AVC ».

Les symptômes d’un AVC ischémique provoqué par un caillot peuvent ressembler à ceux d’un AVC hémorragique, provoqué par un saignement dans le cerveau.

Il est impossible de distinguer de façon fiable ces deux situations à domicile.

Une imagerie cérébrale réalisée à l’hôpital est généralement nécessaire. Donner certains médicaments avant de connaître le type d’AVC pourrait être dangereux.

3. Ne pas perdre de temps avec les remèdes traditionnels

Piquer les doigts avec une aiguille, pratiquer des saignées, masser certains points, faire du « ventousage » ou utiliser d’autres méthodes traditionnelles ne permet pas de déboucher une artère cérébrale ni d’arrêter une hémorragie cérébrale.

Le principal danger est de perdre de précieuses minutes avant une véritable prise en charge médicale.

🧠 Pourquoi chaque minute est-elle importante ?

Il existe principalement deux grandes catégories d’AVC :

L’AVC ischémique survient lorsqu’un vaisseau sanguin alimentant une partie du cerveau est obstrué.

L’AVC hémorragique survient lorsqu’un vaisseau se rompt et provoque un saignement.

Dans les deux cas, une prise en charge urgente est indispensable.

Pour certains AVC ischémiques, des traitements peuvent permettre de restaurer la circulation sanguine. Leur indication dépend toutefois de nombreux éléments, notamment du délai, des résultats de l’imagerie et de l’état du patient.

C’est pourquoi il ne faut jamais attendre que les symptômes disparaissent spontanément.

⚠️ D’autres signes d’AVC à connaître

Outre les signes FAST, un AVC peut parfois provoquer brutalement :

  • une perte ou une modification de la vision ;

  • un trouble important de l’équilibre ou de la coordination ;

  • un engourdissement d’un côté du corps ;

  • une confusion inhabituelle ;

  • des difficultés soudaines à marcher ;

  • un mal de tête extrêmement intense et inhabituel, particulièrement lorsqu’il apparaît brutalement.

Toute apparition soudaine d’un déficit neurologique doit être prise au sérieux.

À retenir

Face à une suspicion d’AVC, la priorité n’est pas de chercher un remède à domicile.

Retenez trois réflexes essentiels :

FAST → appel immédiat aux secours → noter l’heure du début ou du dernier état normal.

Ne donnez ni nourriture, ni boisson, ni médicament sans indication médicale et ne retardez jamais le départ vers l’hôpital pour essayer une méthode traditionnelle.

Un visage qui s’affaisse soudainement, une faiblesse d’un bras ou une difficulté brutale à parler peuvent annoncer un AVC. Réagir immédiatement peut sauver une vie et réduire le risque de handicap durable.

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